Les Africains face au coronavirus : le cas de la Côte d’Ivoire (1)

Article : Les Africains face au coronavirus : le cas de la Côte d’Ivoire (1)
20 mars 2020

Les Africains face au coronavirus : le cas de la Côte d’Ivoire (1)

Chez nous en Côte-d’Ivoire, on entend souvent cette phrase « Yeux connait bagage qui est lourd »

Le président malgache Andry Rajoelina, a bien compris cet adage. Lui qui, conscient du fait que son pays ne pourrait pas faire face à ce nouveau virus que représente le coronavirus, s’il venait à être contaminé, a décidé simplement de fermer les frontières alors que Madagascar est jusqu’ici épargné : zéro cas et pourtant il ferme toutes les frontières terrestres et maritimes. J’appelle ça de la responsabilité.

Le Coronavirus qui a deja fait 10.389 morts au 20 mars 2020

Tous les voisins sont touchés à ce stade, les îles voisines sont toutes contaminées (Maurice, La Réunion, Mayotte et Les Seychelles). Madagascar est certainement la prochaine sur la liste ; c’est en connaissance de ce danger que le jeune président a pris cette décision. Des mesures d’urgence ont également été mises en place au niveau de la douane pour contrôler l’entrée de personnes venant des pays voisins.

Pendant ce temps, chez nous au pays de tonton Dramane (comprenez : Alassane Ouattara, le président ivoirien), on laisse entrer les Chinois par dizaines et les gens venant de pays contaminés par milliers…

Les pays africains, il faut le dire, pourront très difficilement faire face à cette maladie, je ne cesse de le dire. Nous n’avons ni les structures, ni le matériel, ni les comportements nécessaires pour venir à bout d’un tel danger. Si l’Italie, l’un des pays les plus développés d’Europe avec un système de santé performant n’a pu faire face ; si la France, la 5e puissance mondiale est confinée aujourd’hui face à cet ennemi invisible, ce ne sont pas nos pays-là (ce n’est pas une injure, c’est une réalité) avec un système de santé fragile et très largement en dessous de la moyenne qui pourront le faire, d’autant plus que l’incivisme est ancré dans nos meurs ; quand on nous dit que la loi interdit ceci ou cela, c’est là qu’on prend un malin plaisir à accomplir cet acte ; nous qui urinons partout sans nous soucier du lieu ou de ce que l’odeur que ça dégage fera sur les autres, nous qui jetons nos mouchoirs en papier et nos ordures partout où ça nous chante et comme nous le voulons, comment allons-nous arrêter de saluer nos copains dans les rues ou respecter le confinement si jamais cela arrivait chez nous ? Ce n’est quand meme pas le coronavirus qui va dicter sa loi à nous Ivoiriens !

Comment imaginer le gouvernement ivoirien qui, en bon ivoirien qui ne voit rien (ça ne devrait pas m’étonner), prend des mesures de lutte contre la maladie et le contraire de de celles-ci à la fois. Il faut aller en Côte d’Ivoire pour voir ça. Personne ne laisse encore rentrer des Chinois chez eux sauf nous. Malgré la « suspension pour une période de quinze jours, renouvelable, des voyageurs non Ivoiriens en provenance des pays ayant plus de cent cas confirmés de maladie à coronavirus » vous laissez passer des gens et en vous en retenez d’autres. Même les chiffres alarmants qui sont publiés tous les jours sur le nombre de victimes et les conséquences ne vous font ni sursauter, ni prendre conscience du danger.

Le coup de l’étudiante et du pasteur confinés qui se sont servis des réseaux sociaux pour crier leur injustice (ce que je peux comprendre) mais jusqu’à faire plier le gouvernement, qui les a laissés rentrer chez eux, seulement 24 heures après, est encore une preuve de ce sens de civisme et de patriotisme qui manque à l’Ivoirien et surtout, de ce manque d’engagement de nos dirigeants qui n’hésitent pas à s’avouer vaincus et à rendre l’arme même, face à un enjeu de cette ampleur. Quel dommage !

En plus, alors qu’on ferme les lieux de culte, les écoles et les universités, pendant ce temps, les maquis, les bars, des lieux où les gens vont boire, se saouler, danser en se touchant et en se frottant les uns contre les autres, restent ouverts : aucune logique en fait. Je ne comprends rien à l’histoire, ou peut-être que ne suis-je pas à jour de l’actualité, c’est possible.

S’il y avait plus de dirigeants et de citoyens responsables dans nos pays-là, conscients du rôle que chacun peut jouer, l’Afrique ne se porterait que mieux mais bon, c’est dans mes rêves, je sais. Heureusement que je peux encore me permettre ce luxe. C’est déjà ça de fait.

Comme le disait l’une de nos compatriotes l’autre jour, il ne nous reste plus qu’à prier pour qu’Allah nous protège

Pensons à nous, aux nôtres et aux autres #SoyonsResponsables #PrenonsSoinsDeNousEtDelHumanité

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